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Trafficking in Persons Report

Gabon (Tier 2)

Le Gabon est un pays destinataire qui reçoit des enfants victimes de trafic en provenance du Bénin, du Nigeria, du Togo, et de la Guinée pour y faire des travaux forcés. Les filles sont exploitées à des fins domestiques, elles sont vendeuses au marché et dans les restaurants situés en bordure de route. Les garçons sont exploités dans des petits ateliers et comme marchands ambulants. La plupart des enfants victimes de trafic sont employés à Libreville, mais certains se trouvent également dans de plus petites villes à l’intérieur du pays. Les victimes sont généralement acheminées dans le pays par bateau, elles sont ensuite débarquées sur des plages désertes qui fait que le risque de les détecter est infime.

Le gouvernement gabonais ne s'est pas entièrement conformé aux normes minimales requises pour l'éradication du trafic et de l’exploitation des enfants ; Cependant, il fourni des efforts considérables dans ce sens. Pour la première fois, le gouvernement a officiellement reconnu la responsabilité qui est la sienne de s'occuper des victimes étrangères du trafic se trouvant sur son territoire. Aussi a t-il pris des mesures sans précédent pour lutter contre le trafic d’enfants. Ces mesures se traduisent par l’adoption de la loi contre le trafic et l’exploitation des enfants mineurs, et les arrestations de personnes soupçonnées de pratiquer le trafic. Le Gabon est entrain de prendre la tête du peloton dans la lutte contre le trafic d’enfants dans la sous-région d’Afrique. Afin de renforcer les efforts qu’il déploie contre le trafic en ce moment, le gouvernement doit continuer de manière proactive à mener des enquêtes sur les allégations concernant le trafic d’enfants, poursuivre en justice et condamner les trafiquants, et à équiper le comité interministériel de lutte contre le trafic plongé dans la léthargie, afin de coordonner les activités du gouvernement.  
 
Poursuites judiciaires
Les efforts en vue de l'application de la loi ont considérablement augmenté au cours de l’année, même si aucune condamnation pour des violations relatives au trafic n’a été signalée. En septembre 2004, la loi gabonaise contre le trafic et l’exploitation des enfants mineurs a été ratifiée par l'Assemblée nationale, signée par le Président Bongo, et promulguée. La loi protège les enfants de moins de 18 ans contre toutes formes de trafic et prévoit des emprisonnements de cinq à 15 ans et des amendes élevées. Le travail forcé, l'esclavage, l'enlèvement, et tout soutien y relatif, sont proscrits par le code pénal. Pendant la période couverte par le rapport, le gouvernement s’est employé à mener des enquêtes sur des cas de trafic. Lors d’un nettoyage du marché en janvier 2005, les Gendarmes ont arrêté 22 personnes soupçonnées d’être impliquées dans le trafic d'enfants. Il s’agissait des premières arrestations de trafiquants d’enfants au Gabon. Il y avait suffisamment de preuves dans huit cas pour requérir que les accusés comparaissent en justice. Les suspects ont été inculpés et sont en détention préventive en attendant d’être jugés. Quatre personnes étaient arrêtées en mars 2005 à cause de chefs d’accusation similaires. En 2004, la police nationale et les gendarmes ont commencé à mettre en application des politiques strictes d’attributions de visas et de passeports à l'aéroport. Ces politiques ont eu comme résultat l’interdiction à beaucoup d'enfants d'entrer au Gabon par avion sans visa approprié. Le gouvernement a créé un centre régional d’échange d'informations relatives à la mise en application de la loi sur le trafic de personnes et lui a assigné un espace pour le bureau, des meubles, et plusieurs membres du personnel.

Protection
Les services gabonais de protection des victimes du trafic se sont améliorés au cours de la période couverte par le rapport. Le gouvernement finance entièrement le Centre d’accueil d'Agondje, mis en place pour recevoir les victimes du trafic. Ce centre offre des services éducatifs, médicaux, et psychologiques. Les enfants résident au centre jusqu'à ce que des dispositions en vue de leur rapatriement soient prises et que leurs familles soient informées. Plus de 100 victimes sont passées par le centre en 2004; Après six mois, la plupart sont reparties dans leurs pays d’origine. Les forces de sécurité ont examiné les victimes sur la base de l'âge; celles âgées de 16 ans et en dessous ont été placées dans le centre du gouvernement tandis que les victimes plus âgées ont été transférées dans un centre religieux de charité. Le gouvernement a régulièrement et conjointement avec l'ambassade du Nigeria logé et nourri les victimes nigérianes.

Au cours de l'année dans un coin reculé du Gabon, une victime d’exploitation âgée de 16 ans s’est elle-même présentée à la police. La police a assuré la coordination de son voyage à Libreville par avion et son placement au centre. En outre, le gouvernement a offert un espace pour abriter le bureau et payé toutes les dépenses de fonctionnement de la ligne directe du trafic mise en place par l’UNICEF et le gouvernement. La ligne qui fonctionne 24 heures sur 24 a reçu 50 appels par jour. Environ dix appels par semaine avaient trait au trafic. La police et les agents de l'UNICEF ont ainsi sauvé en moyenne une ou deux victimes du trafic d'enfants par semaine.

Prévention
Le gouvernement a réalisé des progrès appréciables dans la prévention du trafic en 2004. Le président a officiellement mené le combat contre le trafic, en le plaçant comme premier point de l’ordre du jour de plusieurs réunions du conseil des ministres. Les employés du ministère de la justice ont, à travers un groupe de femmes juristes, organisé 8 réunions dans chaque quartier de Libreville pour publier la nouvelle loi du Gabon contre le trafic. Le gouvernement et les leaders des pays voisins ont pris part à ces réunions. Les médias d’état, radio, télévision et journaux ont largement couvert des sujets relatifs à la lutte contre le trafic y compris la diffusion des entretiens avec des fonctionnaires de haut-rang. Le ministère de l'éducation a collaboré avec l'UNICEF pour une campagne d’affichage de posters contre le trafic et l’exploitation des enfants dans les écoles et autres lieux publics.

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